Olance
Chiffres · Marché de la transmission

Entreprises à céder en France, chiffres du marché 2026

Combien d'entreprises françaises sont à transmettre, combien le sont effectivement, combien restent sans repreneur. Dimensionnement du marché de la transmission des PME et ETI, sources primaires liées ligne à ligne.

Réponse en bref

Environ 370 000 PME et ETIfrançaises sont à transmettre d'ici 2030 selon Bpifrance Le Lab, soit un potentiel théorique de 74 000 transmissions par an. Au rythme actuel, environ 130 000 sont effectivement transmises en 5 ans, ce qui laisse un écart de 15 000 à 37 000 opportunités par an qui ne trouvent pas de repreneur. Vivier de fond : 500 000 dirigeants de plus de 60 ans, dont 40 % envisagent une cession sous 5 ans.

370 000 PME et ETI à transmettre d'ici 2030

Le chiffre de référence sur le marché français de la transmission d'entreprise. Il vient de Bpifrance Le Lab, publié en 2023 et repris depuis par la presse économique et les pouvoirs publics.

Selon Bpifrance Le Lab, environ 370 000 PME et ETI françaisessont susceptibles d'être transmises entre 2023 et 2030, sous l'effet du vieillissement des dirigeants. Ramené à une base annuelle, cela représente un potentiel théorique d'environ 74 000 transmissions par an.

Ce chiffre n'est pas un stock d'annonces à un instant t. C'est une estimation démographique : sur la population française de dirigeants de PME et ETI, une part croissante atteint l'âge de la retraite dans la période, et une part d'entre eux déclare l'intention de céder à cinq ans. La transmission peut être familiale (donation, pacte Dutreil), interne (reprise par les salariés) ou externe (cession à un repreneur individuel, un search fund, un fonds ou un industriel).

À titre de comparaison, l'INSEE recense 163 992 PME hors microentreprises et 7 031 ETI en France en 2023. Le vivier transmissible de 370 000 entreprises couvre donc plusieurs années de flux, en incluant aussi une part des microentreprises structurées (dénominateur total : 4,04 millions).

Source : Bpifrance Le Lab, marché de 370 000 entreprises d'ici 2030 (2023) · INSEE Focus n° 372 (2023)

L'écart potentiel vs réalisé : 15 000 à 37 000 opportunités par an

Le vrai enjeu du marché français de la transmission n'est pas le vivier théorique. C'est l'écart entre ce potentiel et les transmissions effectivement réalisées, dans lequel disparaissent chaque année entre 15 000 et 37 000 entreprises sans repreneur.

Sur la période récente, Bpifrance Le Lab estime qu'environ 130 000 PME sont effectivement transmises en 5 ans, soit un rythme moyen de l'ordre de 26 000 par an. Rapporté au potentiel théorique de 74 000 par an, l'écart annuel est donc de l'ordre de 15 000 à 37 000 opportunitésselon les hypothèses de comptage. Ces entreprises non transmises ne disparaissent pas toutes brutalement : certaines se transmettent en dehors du radar statistique, d'autres périclitent, d'autres encore ferment sans successeur.

Transmissions de PME en France : potentiel annuel vs réaliséDiagramme à barres horizontales comparant le potentiel théorique annuel de transmissions (74 000) au rythme moyen effectivement observé (26 000).Potentiel annuel (370 000 ÷ 5)~74 000 transmissions/anRéalisé annuel (rythme actuel)~26 000 transmissions/anSource : olance.fr
Télécharger les données (CSV)

Cet écart est le sujet économique de fond de la transmission française. Il fonde les politiques publiques du secteur (plan Objectif Reprises de mai 2026, dispositifs fiscaux successifs, sensibilisation des dirigeants), l'activité des réseaux d'accompagnement (CCI, CMA, Bpifrance Création, Confédération des repreneurs) et l'économie du conseil M&A en région.

Source : Bpifrance Le Lab, marché de 370 000 entreprises d'ici 2030 (2023)

Le vivier : 500 000 dirigeants de plus de 60 ans

Le socle démographique du marché de la transmission. Le vieillissement de la population des dirigeants alimente le flux de cessions attendu jusqu'en 2030.

Vivier démographique et intentions déclarées, dirigeants de PME et ETI.
IndicateurValeurSource
Dirigeants de PME ou ETI de plus de 60 ans500 000Bpifrance Le Lab, 2023
Part envisageant une cession sous 5 ans40 %Bpifrance Le Lab, 2023
PME hors microentreprises (dénominateur)163 992INSEE Focus 372, 2023
ETI (dénominateur)7 031INSEE Focus 372, 2023

Le passage du seuil des 60 ans concentre l'essentiel des cessions. La classe d'âge 60-70 ans regroupe la majorité des dirigeants de PME et ETI qui déclarent une intention de cession à cinq ans, ce qui aligne mécaniquement le flux transmissions à venir sur la démographie des baby-boomers français.

Source : Bpifrance Le Lab, marché de 370 000 entreprises d'ici 2030 (2023) · INSEE Focus n° 372 (2023)

Le point de blocage : moins de 30 % préparent 2 ans avant

Le vivier théorique existe. Il ne se convertit pas en transmissions réussies parce que la préparation démarre trop tard, ce que l'État a acté en mai 2026 avec le plan Objectif Reprises.

Selon la Direction générale des entreprises, moins de 30 % des dirigeants entament leurs démarches de transmission plus de deux ans avant la cession. Or, une transmission réussie exige typiquement 24 mois de préparation en amont (structuration fiscale, réduction de la dépendance dirigeant, tenue à jour des données financières, choix du mode de transmission) avant d'ouvrir un processus de vente qui prend lui-même 12 à 24 mois.

C'est pour tenter de corriger ce décalage que le plan Objectif Reprises, annoncé en mai 2026, a instauré un courrier de sensibilisation adressé par l'État à chaque dirigeant à ses 55 ans. La mesure part du constat que le déclic patrimonial et fiscal doit intervenir 8 à 10 ans avant la cession pour permettre une transmission optimisée (donation Dutreil, apport-cession, pacte fiscal).

Source : Direction générale des entreprises (2024) · Plan Objectif Reprises, economie.gouv.fr (2026)

Ce que ce chiffrage ne mesure pas

La rigueur exige de dire ce qui échappe au comptage. Le vivier 370 000 est un ordre de grandeur, pas un registre exhaustif.

  • Les cessions amiables de titres non publiées : une part des cessions se fait par cession de parts ou d'actions sans annonce légale visible. Elles échappent au comptage BODACC et ne sont pas isolables dans les statistiques administratives.
  • Les transmissions familiales par donation : elles passent par le notaire et ne sont pas visibles dans les registres commerciaux. Le pacte Dutreil (75 % d'exonération) est le vecteur fiscal principal ; ses volumes sont documentés par la DGFiP mais séparés du comptage cessions.
  • Les reprises internes par les salariés : sociétés coopératives, LMBO/LBO internes, plans d'actionnariat salarié. Comptés à part dans les statistiques ESS.
  • Les reprises à la barre du tribunal : cession d'actifs ou plan de cession going-concern sur entreprise en redressement. Elles sont recensées par le baromètre BODACC Olance (154 plans de cession arrêtés au T1 2026), mais représentent un volume marginal face au marché de gré à gré.
  • Les cessions partielles ou d'actifs seuls : cession de fonds de commerce sans reprise de la société, cession de branche d'activité, apport partiel d'actif. Elles ne relèvent pas d'une transmission au sens Bpifrance mais peuvent constituer la solution retenue.

Ces angles morts expliquent pourquoi les débats français sur le nombre exact d'entreprises « qui disparaissent faute de repreneur » sont récurrents et souvent contradictoires. Le chiffre 370 000 reste utile comme ordre de grandeur macro, à condition de ne pas le traiter comme un inventaire.

Source : Baromètre BODACC Olance T1 2026 (2026)

Citer ces données

Ces chiffres sont librement réutilisables avec attribution. Utilisez la citation ci-dessous pour vos articles, présentations ou publications.

Olance, « Entreprises à céder en France : 370 000 d'ici 2030 », mis à jour le 26 août 2026, consulté le 26 août 2026, https://olance.fr/chiffres/entreprises-a-ceder-france
Contact presse

Licence des données produites par Olance : CC BY 4.0. Les données INSEE, Banque de France et Bpifrance restent soumises à leur licence propre, se référer aux sources liées sur cette page.

Questions fréquentes

Combien d'entreprises sont à céder en France ?
Selon Bpifrance Le Lab, environ 370 000 PME et ETI françaises sont à transmettre d'ici 2030. Ce chiffre correspond au vivier théorique, calculé à partir de la démographie des dirigeants (500 000 ont plus de 60 ans) et de leurs intentions déclarées (40 % envisagent une cession sous 5 ans). Il ne s'agit pas d'un stock d'annonces à un instant t : la plupart de ces entreprises ne sont pas encore mises en vente au moment où ce chiffre est produit.
Combien d'entreprises sont effectivement transmises chaque année en France ?
Sur la période récente, Bpifrance Le Lab estime qu'environ 130 000 PME sont effectivement transmises en 5 ans, soit un rythme d'environ 26 000 par an. Rapporté au potentiel théorique de 74 000 par an (370 000 divisés par 5), cela laisse un écart de 15 000 à 37 000 opportunités par an qui ne trouvent pas de repreneur ou qui disparaissent sans transmission. Ces ordres de grandeur incluent uniquement les cessions repérables statistiquement.
Où trouver la liste des entreprises réellement à vendre ?
Il n'existe pas de registre public unique. Le vivier chiffré ci-dessus n'est pas un catalogue d'annonces. Les entreprises effectivement mises en vente circulent sur des marketplaces privées (Fusacq, CessionPME, Vendez-votre-entreprise et autres), des cabinets M&A, des experts-comptables, et via BODACC pour les procédures collectives permettant une reprise à la barre du tribunal. Les procédures collectives Olance en cours sont consultables sur notre page dédiée.
Quels secteurs et tailles sont les plus concernés par la vague de transmission ?
Le vivier des 370 000 entreprises couvre les PME (163 992 hors microentreprises selon INSEE 2023) et les ETI (7 031 selon INSEE 2023), tous secteurs confondus. Les secteurs les plus exposés au papy-boom sont ceux où la moyenne d'âge des dirigeants est la plus élevée : commerce de détail, artisanat, industrie manufacturière, services aux entreprises. La question de la transmission concerne également l'ensemble des microentreprises (4,04 millions), mais celles-ci relèvent souvent d'une logique de cession de clientèle ou d'arrêt d'activité plus que d'une transmission structurée.
Quel est le principal frein à la transmission des PME françaises ?
La préparation. Selon la Direction générale des entreprises, moins de 30 % des dirigeants entament leurs démarches de transmission plus de deux ans avant la cession. Or, une transmission réussie exige typiquement 24 mois de préparation en amont (fiscalité, dépendance dirigeant, structuration financière) avant d'ouvrir un processus de vente qui prend lui-même 12 à 24 mois. Le plan Objectif Reprises de mai 2026 a instauré un courrier de sensibilisation adressé par l'État à chaque dirigeant à ses 55 ans pour tenter de corriger ce décalage.

Méthodologie