Baromètre Olance : la transmission d'entreprise en France au T1 2026
Volumes, procédures collectives, régions : photo du marché français de la transmission au T1 2026, à partir des données publiques BODACC et croisée avec les statistiques Banque de France.

La transmission d'entreprise en France évolue trimestre par trimestre. Côté reprise à la barre, les annonces officielles publiées au BODACC offrent un repère public et quotidien. Côté cession amiable, les chiffres sortent avec retard via les observatoires sectoriels. Ce baromètre Olance porte sur la première de ces deux sources : les procédures collectives ouvertes au premier trimestre 2026. Pour le contexte macro et la comparaison historique, nous renvoyons aux statistiques mensuelles publiées par la Banque de France.
5 chiffres à retenir
Le bloc ci-dessous résume le T1 2026 en cinq repères chiffrés. Chacun est autonome et peut être cité tel quel.
- 17 095 : entreprises sont entrées en procédure collective en France au T1 2026 (jugement d'ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire). Source : BODACC, ingestion Olance.
- 11 900 : liquidations judiciaires ouvertes au T1 2026, soit 70 % des entrées en procédure collective.
- 154 : plans de cession arrêtés par les tribunaux au T1 2026 : autant d'opportunités de reprise validées juridiquement.
- 24 % : des décisions BODACC publiées en France sont concentrées en Île-de-France au T1 2026 (8 409 sur 35 127).
- 2,3 : ratio liquidations / redressements ouverts au T1 2026 (11 900 LJ pour 5 195 RJ). Pour une entreprise entrée en procédure collective, le redressement est jugé manifestement impossible deux fois sur trois.
Volumes globaux T1 2026
Au cours du premier trimestre 2026, les tribunaux français ont prononcé 35 127 décisions publiées au BODACC dans le champ des procédures collectives. La répartition par type d'annonce :
- 11 900 jugements d'ouverture de liquidation judiciaire.
- 5 195 jugements d'ouverture de redressement judiciaire.
- 341 jugements d'ouverture d'une procédure de sauvegarde.
- 3 598 conversions d'une procédure (redressement ou sauvegarde) en liquidation judiciaire.
- 154 jugements arrêtant un plan de cession.
- 13 038 jugements de clôture pour insuffisance d'actif.
- 901 autres annonces (résolutions de plans, extensions, rétractations, plans arrêtés ou non, etc.).
Lecture côté repreneur : les 17 095 entrées formelles en procédure collective (LJ + RJ) constituent le réservoir des cibles potentielles, et les 154 plans de cession arrêtés sont déjà validés par un tribunal. Lecture côté cédant : les 13 038 clôtures pour insuffisance d'actif rappellent la dureté du segment et la difficulté de la sortie.
Cartographie régionale
Cinq régions concentrent les deux tiers des procédures collectives ouvertes au T1 2026 :
- Île-de-France : 8 409 décisions (24 % des 35 127 publiées au T1 2026).
- Auvergne-Rhône-Alpes : 4 390 (12 %).
- Provence-Alpes-Côte d'Azur : 3 819 (11 %).
- Nouvelle-Aquitaine : 3 524 (10 %).
- Occitanie : 3 225 (9 %).
Ces cinq régions cumulent 23 367 décisions, soit 66 % des 35 127 décisions BODACC publiées au T1 2026. À l'autre extrémité, Centre-Val de Loire (1 154), Bourgogne-Franche-Comté (1 242) et la Corse (201) cumulent moins de 8 % du total. Cette concentration suit globalement la démographie d'entreprises mesurée par l'INSEE, mais reflète aussi la maturité du tissu industriel et de services dans chaque région.
Repère national : croiser avec la Banque de France
Ce baromètre ne se substitue pas aux statistiques macro de la Banque de France, qui publie chaque mois un état détaillé des défaillances d'entreprises ventilé par taille, secteur d'activité et région, avec historique pluriannuel. Pour comparer le T1 2026 aux trimestres précédents ou pour disposer d'une série longue, nous renvoyons au tableau de bord officiel.
À titre de repère, à fin janvier 2025 la Banque de France comptabilisait 65 844 défaillances d'entreprises sur les douze mois glissants, en hausse de 14,8 % sur un an. Les périmètres ne se recouvrent pas exactement (notre baromètre porte sur les décisions BODACC trimestrielles, la Banque de France sur les défaillances annualisées en cumul glissant), mais cet ordre de grandeur fournit un point de comparaison utile pour suivre les inflexions du marché.
Notre apport, à l'inverse, est la granularité brute en quasi-temps réel : les annonces BODACC sont publiées au fil de l'eau et permettent à un repreneur de surveiller le marché dossier par dossier, jour par jour. Les deux sources sont complémentaires.
Lecture du trimestre
Trois enseignements ressortent des chiffres du T1 2026, sans extrapolation.
D'abord, la liquidation directe reste la voie la plus empruntée. Le ratio liquidations sur redressements (11 900 contre 5 195) tourne autour de 2,3, soit plus de deux liquidations pour un redressement. C'est un rappel structurel : quand une entreprise française entre en procédure collective, son redressement est jugé manifestement impossible dans la majorité des cas (art. L640-1 du Code de commerce).
Ensuite, les plans de cession arrêtés sont rares en valeur absolue : 154 sur le trimestre, soit moins d'un dossier pour cent entrées en procédure. Cela ne signifie pas que les reprises soient anecdotiques (beaucoup passent par cession d'actifs en liquidation, non comptabilisée séparément ici), mais que les opportunités strictement étiquetées « plan de cession » sont concentrées. Pour un repreneur préparé, c'est une raison de plus de surveiller le BODACC en quasi-temps réel.
Enfin, la concentration géographique est forte. Le top 5 régional représente les deux tiers du flux. Pour un repreneur, viser uniquement les grandes régions multiplie l'offre disponible, mais aussi la concurrence. Les régions moins denses présentent moins d'opportunités, et symétriquement moins de candidats au tour de table.
Méthodologie et sources
Périmètre
Ce baromètre porte sur l'ensemble des annonces BODACC du champ procédures collectives datées au cours du T1 2026 (du 1er janvier au 31 mars 2026, dates de jugement). Les 35 127 décisions publiées incluent tous les types d'annonces : jugements d'ouverture, conversions, plans arrêtés, clôtures, et annonces techniques (résolutions, extensions, rétractations). Le chiffre de 17 095 entreprises retenu en headline isole les seuls jugements d'ouverture de liquidation judiciaire et de redressement judiciaire, qui marquent l'entrée formelle de l'entreprise dans le régime de protection. Les procédures de sauvegarde (341 ouvertures) sont décomptées séparément du headline car elles s'ouvrent en amont de la cessation de paiements.
Sources de données
Données primaires Olance : BODACC sur data.gouv.fr (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, publication DILA, accessible publiquement), ingéré quotidiennement. Pour le contexte macro et l'historique pluriannuel : Banque de France, défaillances d'entreprises et Webstat Banque de France pour les séries longues. Pour la cession amiable hors difficulté : Observatoire BPCE. Pour le registre des entreprises : INSEE Sirene.
Limites connues
- Les cessions de titres amiables (la majeure partie des transmissions hors difficulté) ne sont pas publiées au BODACC : ce baromètre couvre donc le segment « à la barre » et les ventes contraintes, pas la cession amiable.
- Les cessions de fonds de commerce ne sont pas (encore) intégrées dans ce baromètre : elles font partie d'un flux BODACC distinct, qui sera ajouté dans une future itération.
- La ventilation sectorielle (codes NAF) est aujourd'hui partielle dans notre base. Nous renvoyons aux ventilations sectorielles officielles de la Banque de France pour ce volet. À partir du T2 2026, le baromètre intégrera une analyse sectorielle native via croisement BODACC × INSEE NAF.
- Aucune variation trimestrielle n'est calculée ici : notre ingestion BODACC ayant démarré au quatrième trimestre 2025, l'historique interne n'est pas encore suffisant pour une comparaison rigoureuse. Pour la comparaison T1 2026 contre T1 2025 ou contre l'ensemble de 2025, voir la Banque de France.
Fréquence et citation
Le baromètre Olance est publié tous les trois mois, dans le mois qui suit la clôture du trimestre. Prochain rendez-vous : début juillet 2026 pour le baromètre T2 2026.
Les chiffres de ce baromètre sont publiés sous licence libre. Citation appréciée : « Baromètre Olance de la transmission d'entreprise en France, T1 2026 ». Pour usage presse ou demande de données complémentaires : contact@olance.fr.
Pour aller plus loin
Côté repreneur, explorez les opportunités de reprise issues du BODACC dans notre catalogue, filtrable par secteur, région et type de procédure.
Côté cédant, préparer une transmission se construit sur deux ans : voir notre checklist de préparation sur 24 mois.
Pour le contexte 2026 (vague de départs en retraite, état du marché), voir Transmission d'entreprise en France : où en est vraiment le marché en 2026 ?.
Questions fréquentes
L'équipe Olance écrit sur la transmission d'entreprise en France. Nous croisons l'expertise M&A, la fiscalité française et les retours terrain pour publier des analyses utiles aux cédants comme aux repreneurs.
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