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Chiffres, défaillances d'entreprises en France

Les chiffres des défaillances d'entreprises en France, 2026

Cumul 12 mois glissants Banque de France, total annuel 2025, répartition par taille. Angle central : la crise se concentre sur les PME, ETI et grandes entreprises, pas sur la masse des microentreprises.

Réponse en bref

À fin juillet 2026, la France recense 70 605 défaillances d'entreprises en cumul sur 12 mois glissants (Banque de France, publication du 4 septembre 2026), en repli de 211 procédures sur fin juin (70 816 après révision à la hausse, contre 70 803 publiés initialement). Le dernier total annuel disponible est de 68 602 procédures ouvertes en 2025, plus haut niveau depuis 35 ans. Après une flambée à +17,7 % en 2024, la hausse s'est ralentie à +3,6 % en 2025: c'est un plateau haut, pas une flambée.

70 605 défaillances cumul 12 mois à fin juillet 2026

La publication la plus récente de la Banque de France disponible au moment de cette édition (Stat Info du 4 septembre 2026).

La Banque de France publie chaque mois le cumul mobile des défaillances d'entreprises sur les 12 derniers mois. À fin juillet 2026, ce cumul atteint 70 605 défaillances, contre 70 816 à fin juin (chiffre révisé à la hausse, initialement publié à 70 803), soit un repli de 0,30 %. C'est le deuxième recul de la série 2026, après celui enregistré entre avril et mai. Depuis la clôture de l'exercice 2025, la série a évolué comme suit :

Cumul 12 mois glissants des défaillances d'entreprises, France, publications Banque de France.
Arrêté à finCumul 12 moisPublication
Décembre 2025 (année civile close)68 602Janvier 2026
Janvier 202668 774Février 2026
Février 202669 392Mars 2026
Mars 202669 978Avril 2026
Avril 202670 228Mai 2026
Mai 2026 (révisé)70 117Juin, révisé août 2026
Juin 2026 (révisé)70 816Août, révisé septembre 2026
Juillet 2026 (dernière donnée)70 605Septembre 2026 (4 septembre)

Ventilation par taille à fin juillet 2026.La Banque de France décompose ce cumul en cinq catégories. Ce ne sont pas les quatre catégories de l'INSEE et elles ne se transposent pas dessus : les libellés ci-dessous sont ceux de la Banque de France, repris tels quels.

Défaillances d'entreprises, cumul 12 mois glissants à fin juillet 2026, par catégorie de taille Banque de France.
Catégorie Banque de FranceDéfaillances
Microentreprises et taille indéterminée64 937
Très petites entreprises3 499
Petites entreprises1 576
Moyennes entreprises532
Grandes entreprises et ETI61
Total70 605

La somme des cinq lignes redonne exactement le total publié. Le contrôle a son utilité : les reprises de presse omettent souvent la ligne des très petites entreprises, ce qui laisse un écart de 3 499 procédures et donne l'impression, à tort, que la source se contredit.

Cette ventilation ne se compare pas à la répartition annuelle 2025 présentée plus bas. Celle-ci porte sur une année civile close et sur une nomenclature en deux blocs, microentreprises d'un côté, PME, ETI et grandes entreprises de l'autre. Période différente, découpage différent.

Source : Banque de France, défaillances d'entreprises juillet 2026 (2026-09-04) · Banque de France, série défaillances (webstat) · INSEE, série 001656101 (défaillances par date de jugement) (2026-07-21)

Cumul 12 mois glissants et total annuel : deux périmètres distincts

La confusion entre les deux indicateurs est la source d'erreur la plus fréquente sur ce sujet.

Le cumul 12 mois glissantsagrège les défaillances observées sur toute fenêtre glissante d'un an se terminant au mois de référence. Il bouge à chaque publication mensuelle. À fin juillet 2026, la fenêtre couvre août 2025 à juillet 2026. Elle inclut donc encore une partie des mois lourds de 2025, ce qui explique qu'un mois de juillet plus calme suffise à faire reculer le cumul.

Le total annuelest un décompte fermé sur l'année civile. Pour 2025, la Banque de France publie 68 602 procédures ouvertes, plus haut niveau depuis 35 ans, soit 15 % au-dessus de la moyenne 2010-2019. Ce chiffre est stable et se compare à ceux des années précédentes.

Confondre les deux mène à annoncer un « record historique » sur un chiffre qui n'est pas comparable aux séries annuelles. Cette page distingue systématiquement les deux et ne présente jamais un cumul mobile comme un total annuel.

Source : Banque de France, analyse défaillances 2025

La dynamique s'est cassée : +3,6 % en 2025 après +17,7 % en 2024

Le rattrapage post-Covid est largement terminé. Le régime actuel est celui d'un plateau haut, pas d'une flambée.

Après une hausse spectaculaire des défaillances en 2023 et 2024 (rattrapage des procédures évitées pendant les périodes de PGE et de dispositifs de soutien), l'évolution 2025 a significativement ralenti. La Banque de France estime que 75 % des 53 000 défaillances évitées entre 2020 et 2022 se sont désormais matérialisées.

Évolution annuelle des défaillances d'entreprises, France, Banque de France.
AnnéeÉvolution vs N-1Régime
2024+17,7 %Rattrapage post-Covid
2025+3,6 %Décélération, plateau haut

Source : Banque de France, analyse annuelle 2025

Qui fait défaut : PME et ETI décrochent, microentreprises stabilisées

C'est le chiffre le plus contre-intuitif de la Banque de France, et celui que la presse cite le moins.

Le total annuel 2025 (68 602) masque une répartition très hétérogène par taille d'entreprise. Les microentreprisesreprésentent 92 % du volume des défaillances (environ 63 000 sur 68 602), mais leur niveau n'est que +12 % au-dessus de la moyenne 2010-2019. Autrement dit, la masse des toutes petites structures reste proche de son régime historique.

À l'inverse, les PME, ETI et grandes entreprises ne pèsent que 8 % du volume des défaillances (environ 5 500 en 2025), mais leur niveau dépasse de 68 %la moyenne 2010-2019. C'est le signal structurel important : le tissu productif structuré, celui qui porte des emplois salariés et des chaînes de sous-traitance, décroche nettement plus que les microentreprises.

Écart des défaillances 2025 vs moyenne 2010-2019 par catégorieDiagramme à barres horizontales : les défaillances de PME, ETI et grandes entreprises sont à +68 % de leur moyenne 2010-2019, contre +12 % pour les microentreprises. Total France, +15 %.PME, ETI, grandes entreprises+68 %Total France+15 %Microentreprises+12 %Source : olance.fr
Télécharger les données (CSV)

La Banque de France note pour les catégories non-micro que « les défaillances se caractérisent désormais par une dégradation plus prononcée de leur structure financière ». La dette financière médiane des entreprises défaillantes atteint 31,2 % du bilan contre 25 % en 2019.

Source : Banque de France, analyse annuelle 2025

Répartition régionale (données BODACC)

Baromètre Olance T1 2026, agrégation quotidienne des annonces BODACC.

Sur le seul premier trimestre 2026, le baromètre Olance recense 17 095 entrées en procédure collectivepubliées au BODACC, c'est-à-dire les seuls jugements d'ouverture de liquidation et de redressement judiciaires. Ces entrées sont un sous-ensemble des 35 127 décisionspubliées sur le trimestre, toutes natures confondues. L'Île-de-France concentre 24 % de ces décisions publiées. La ventilation régionale se rapporte aux décisions, jamais aux entrées : le détail complet et les deux bases sont sur la page du baromètre BODACC.

Pas de ventilation sectorielle dans le baromètre. Le code NAF est aujourd'hui partiellement renseigné dans notre base, nous ne publions donc pas de répartition par secteur à partir du BODACC. La Banque de France produit cette ventilation sur son propre périmètre, où la construction et le commerce sont les deux premiers secteurs en volume : c'est à elle qu'il faut se référer, et nous ne reprenons pas ses ventilations en les présentant comme les nôtres.

Sur le même trimestre, 154 plans de cessionont été arrêtés par les tribunaux, correspondant à autant d'entreprises en redressement effectivement reprises (going-concern). Le ratio liquidations / redressements s'établit à 2,3, ce qui signifie que le redressement est jugé impossible dans environ deux cas sur trois à l'ouverture de la procédure.

Source : Baromètre BODACC Olance, page de référence (2026) · Baromètre Olance T1 2026, l'analyse (2026) · BODACC (source publique)

Que devient une entreprise en procédure collective

Trois issues : redressement suivi d'un plan de continuation, plan de cession going-concern, liquidation.

Une procédure collective ouverte à la barre du tribunal débouche sur l'une des trois issues suivantes. Redressement avec plan de continuation :l'entreprise poursuit son activité sous supervision, un étalement de dettes est validé, le capital reste en place. Plan de cession going-concern :un repreneur rachète les actifs et l'activité, les dettes antérieures restent à la charge de la procédure. Le dossier passe alors dans le catalogue des opportunités actives. Liquidation :cessation de l'activité, vente séparée des actifs pour désintéresser les créanciers.

Le catalogue Olance publie en continu les opportunités de reprise issues des procédures collectives BODACC. Environ 60 000 opportunités sont actives à date, filtrables par secteur, région et taille.

Source : Catalogue opportunités Olance · Guide, où trouver une entreprise à reprendre

Comment surveiller ces signaux soi-même

Trois sources publiques suffisent à suivre l'évolution des défaillances de façon rigoureuse.

La Banque de Francepublie chaque mois une Stat Info sur les défaillances d'entreprises, avec les données du cumul 12 mois glissants et l'évolution vs baseline. Elle publie également une analyse annuelle plus complète en janvier (avec ventilation par catégorie et secteur).

Le BODACCpublie quotidiennement les annonces judiciaires (ouvertures de procédure, jugements de cession, clôtures). C'est la source primaire, plus fine, mais brute et non agrégée.

L'INSEEpublie la série 001656101, cumul 12 mois glissants par date de jugement. Elle est accessible gratuitement sur bdm.insee.fr en format SDMX-XML, ce qui la rend particulièrement adaptée à toute automatisation (surveillance mensuelle, extraction dans un tableur ou un dashboard). L'INSEE publie également une série longue trimestrielle utile pour les comparaisons historiques structurelles.

Source : Banque de France, page défaillances · BODACC (bodacc.fr) · INSEE, série 001656101 · INSEE, séries défaillances

Citer ces données

Ces chiffres sont librement réutilisables avec attribution. Utilisez la citation ci-dessous pour vos articles, présentations ou publications.

Olance, « Défaillances d'entreprises en France 2026 : chiffres à jour », mis à jour le 23 septembre 2026, consulté le 7 octobre 2026, https://olance.fr/chiffres/defaillances-entreprises-france
Contact presse

Licence des données produites par Olance : CC BY 4.0. Les données INSEE, Banque de France et Bpifrance restent soumises à leur licence propre, se référer aux sources liées sur cette page.

Questions fréquentes

Combien de défaillances d'entreprises en France en 2026 ?
Selon la Banque de France, le cumul 12 mois glissants à fin juillet 2026 est de 70 605 défaillances (publication du 4 septembre 2026), en repli de 211 procédures par rapport à fin juin 2026 (70 816 après révision). Ce chiffre est un cumul mobile publié mensuellement, à ne pas confondre avec un total annuel. Le dernier total annuel disponible est 68 602 procédures ouvertes en 2025.
Le chiffre de 70 605 défaillances est-il un record historique ?
Non, c'est le cumul 12 mois glissants, pas un total annuel. Les deux périmètres ne se comparent pas. Le record annuel documenté est de 68 602 procédures ouvertes en 2025, soit le plus haut niveau depuis 35 ans selon la Banque de France. La confusion entre cumul glissant et total annuel est fréquente dans les reprises presse et doit être évitée pour toute analyse rigoureuse.
Les défaillances continuent-elles d'augmenter en 2026 ?
La dynamique s'est nettement cassée. Après une flambée à +17,7 % en 2024 (rattrapage post-Covid), la hausse a ralenti à +3,6 % en 2025 (source Banque de France). Sur 2026, le cumul 12 mois est passé de 68 602 fin décembre 2025 à 70 605 fin juillet 2026, soit environ +2,9 % sur sept mois. Et le mouvement s'est retourné en fin de période : après révision, fin juin s'établit à 70 816, donc juillet enregistre un repli de 211 procédures. C'est le deuxième repli mensuel de la série 2026, après celui observé entre avril et mai. La Banque de France qualifie ce niveau de défaillances d'« élevé » mais parle de reprise modérée après stabilisation, pas de flambée.
Qui fait le plus faillite : les microentreprises ou les PME ?
En volume brut, les microentreprises représentent 92 % des défaillances (63 000 environ en 2025). Mais en dynamique, ce sont les PME, ETI et grandes entreprises qui décrochent le plus : leurs défaillances dépassent de 68 % la moyenne 2010-2019, contre seulement +12 % pour les microentreprises (source Banque de France, publication annuelle 2025). Le tissu productif structuré est donc bien plus touché en relatif que la masse des microentreprises, qui reste proche de son niveau historique.
Combien d'opportunités de reprise cela représente-t-il ?
Le catalogue Olance surface en continu les opportunités de reprise issues des procédures collectives publiées au BODACC. Au jour de la dernière mise à jour de cette page, il compte environ 60 000 opportunités actives (fonds de commerce, sociétés en redressement ou en liquidation pouvant faire l'objet d'un plan de cession). Ce nombre est un stock, il évolue quotidiennement en fonction des nouvelles publications BODACC et de la clôture des procédures antérieures.

Méthodologie