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Chiffres, défaillances d'entreprises en France

Les chiffres des défaillances d'entreprises en France, 2026

Cumul 12 mois glissants Banque de France, total annuel 2025, répartition par taille. Angle central : la crise se concentre sur les PME, ETI et grandes entreprises, pas sur la masse des microentreprises.

Réponse en bref

À fin juin 2026, la France recense 70 803 défaillances d'entreprises en cumul sur 12 mois glissants (Banque de France, publication du 7 août 2026), en légère hausse par rapport à fin mai (70 117 après révision). Le dernier total annuel disponible est de 68 602 procédures ouvertes en 2025, plus haut niveau depuis 35 ans. Après une flambée à +17,7 % en 2024, la hausse s'est ralentie à +3,6 % en 2025: c'est un plateau haut, pas une flambée.

70 803 défaillances cumul 12 mois à fin juin 2026

La publication la plus récente de la Banque de France disponible au moment de cette édition (publication du 7 août 2026).

La Banque de France publie chaque mois le cumul mobile des défaillances d'entreprises sur les 12 derniers mois. À fin juin 2026, ce cumul atteint 70 803 défaillances, contre 70 117 à fin mai (chiffre révisé, initialement publié à 70 077), soit une hausse de 0,98 %. Sur les 7 derniers mois, la série a évolué comme suit :

Cumul 12 mois glissants des défaillances d'entreprises, France, publications Banque de France.
Arrêté à finCumul 12 moisPublication
Décembre 2025 (année civile close)68 602Janvier 2026
Janvier 202668 774Février 2026
Février 202669 392Mars 2026
Mars 202669 978Avril 2026
Avril 202670 228Mai 2026
Mai 2026 (révisé)70 117Juin, révisé août 2026
Juin 2026 (dernière donnée)70 803Août 2026 (7 août)

Source : Banque de France, défaillances d'entreprises juin 2026 (2026-08-07) · Banque de France, série défaillances (webstat) · INSEE, série 001656101 (défaillances par date de jugement) (2026-07-21)

Cumul 12 mois glissants et total annuel : deux périmètres distincts

La confusion entre les deux indicateurs est la source d'erreur la plus fréquente sur ce sujet.

Le cumul 12 mois glissantsagrège les défaillances observées sur toute fenêtre glissante d'un an se terminant au mois de référence. Il bouge à chaque publication mensuelle. À fin mai 2026, la fenêtre couvre juin 2025 à mai 2026. Elle inclut donc encore une partie des mois lourds de 2025.

Le total annuelest un décompte fermé sur l'année civile. Pour 2025, la Banque de France publie 68 602 procédures ouvertes, plus haut niveau depuis 35 ans, soit 15 % au-dessus de la moyenne 2010-2019. Ce chiffre est stable et se compare à ceux des années précédentes.

Confondre les deux mène à annoncer un « record historique » sur un chiffre qui n'est pas comparable aux séries annuelles. Cette page distingue systématiquement les deux et ne présente jamais un cumul mobile comme un total annuel.

Source : Banque de France, analyse défaillances 2025

La dynamique s'est cassée : +3,6 % en 2025 après +17,7 % en 2024

Le rattrapage post-Covid est largement terminé. Le régime actuel est celui d'un plateau haut, pas d'une flambée.

Après une hausse spectaculaire des défaillances en 2023 et 2024 (rattrapage des procédures évitées pendant les périodes de PGE et de dispositifs de soutien), l'évolution 2025 a significativement ralenti. La Banque de France estime que 75 % des 53 000 défaillances évitées entre 2020 et 2022 se sont désormais matérialisées.

Évolution annuelle des défaillances d'entreprises, France, Banque de France.
AnnéeÉvolution vs N-1Régime
2024+17,7 %Rattrapage post-Covid
2025+3,6 %Décélération, plateau haut

Source : Banque de France, analyse annuelle 2025

Qui fait défaut : PME et ETI décrochent, microentreprises stabilisées

C'est le chiffre le plus contre-intuitif de la Banque de France, et celui que la presse cite le moins.

Le total annuel 2025 (68 602) masque une répartition très hétérogène par taille d'entreprise. Les microentreprisesreprésentent 92 % du volume des défaillances (environ 63 000 sur 68 602), mais leur niveau n'est que +12 % au-dessus de la moyenne 2010-2019. Autrement dit, la masse des toutes petites structures reste proche de son régime historique.

À l'inverse, les PME, ETI et grandes entreprises ne pèsent que 8 % du volume des défaillances (environ 5 500 en 2025), mais leur niveau dépasse de 68 %la moyenne 2010-2019. C'est le signal structurel important : le tissu productif structuré, celui qui porte des emplois salariés et des chaînes de sous-traitance, décroche nettement plus que les microentreprises.

Écart des défaillances 2025 vs moyenne 2010-2019 par catégorieDiagramme à barres horizontales : les défaillances de PME, ETI et grandes entreprises sont à +68 % de leur moyenne 2010-2019, contre +12 % pour les microentreprises. Total France, +15 %.PME, ETI, grandes entreprises+68 %Total France+15 %Microentreprises+12 %Source : olance.fr
Télécharger les données (CSV)

La Banque de France note pour les catégories non-micro que « les défaillances se caractérisent désormais par une dégradation plus prononcée de leur structure financière ». La dette financière médiane des entreprises défaillantes atteint 31,2 % du bilan contre 25 % en 2019.

Source : Banque de France, analyse annuelle 2025

Répartition sectorielle et régionale (données BODACC)

Baromètre Olance T1 2026, agrégation quotidienne des annonces BODACC.

Sur le seul premier trimestre 2026, le baromètre Olance recense 17 095 entrées en procédure collectivepubliées au BODACC (agrégation quotidienne des annonces judiciaires). La construction représente 21 % du volume, le commerce 20 %, services et hôtellerie-restauration complètent le tableau. L'Île-de-France concentre 24 % des décisions publiées.

Sur le même trimestre, 154 plans de cessionont été arrêtés par les tribunaux, correspondant à autant d'entreprises en redressement effectivement reprises (going-concern). Le ratio liquidations / redressements s'établit à 2,3, ce qui signifie que le redressement est jugé impossible dans environ deux cas sur trois à l'ouverture de la procédure.

Source : Baromètre Olance T1 2026 (BODACC) (2026) · BODACC (source publique)

Que devient une entreprise en procédure collective

Trois issues : redressement suivi d'un plan de continuation, plan de cession going-concern, liquidation.

Une procédure collective ouverte à la barre du tribunal débouche sur l'une des trois issues suivantes. Redressement avec plan de continuation :l'entreprise poursuit son activité sous supervision, un étalement de dettes est validé, le capital reste en place. Plan de cession going-concern :un repreneur rachète les actifs et l'activité, les dettes antérieures restent à la charge de la procédure. Le dossier passe alors dans le catalogue des opportunités actives. Liquidation :cessation de l'activité, vente séparée des actifs pour désintéresser les créanciers.

Le catalogue Olance publie en continu les opportunités de reprise issues des procédures collectives BODACC. Environ 60 000 opportunités sont actives à date, filtrables par secteur, région et taille.

Source : Catalogue opportunités Olance · Guide, où trouver une entreprise à reprendre

Comment surveiller ces signaux soi-même

Trois sources publiques suffisent à suivre l'évolution des défaillances de façon rigoureuse.

La Banque de Francepublie chaque mois une Stat Info sur les défaillances d'entreprises, avec les données du cumul 12 mois glissants et l'évolution vs baseline. Elle publie également une analyse annuelle plus complète en janvier (avec ventilation par catégorie et secteur).

Le BODACCpublie quotidiennement les annonces judiciaires (ouvertures de procédure, jugements de cession, clôtures). C'est la source primaire, plus fine, mais brute et non agrégée.

L'INSEEpublie la série 001656101, cumul 12 mois glissants par date de jugement. Elle est accessible gratuitement sur bdm.insee.fr en format SDMX-XML, ce qui la rend particulièrement adaptée à toute automatisation (surveillance mensuelle, extraction dans un tableur ou un dashboard). L'INSEE publie également une série longue trimestrielle utile pour les comparaisons historiques structurelles.

Source : Banque de France, page défaillances · BODACC (bodacc.fr) · INSEE, série 001656101 · INSEE, séries défaillances

Citer ces données

Ces chiffres sont librement réutilisables avec attribution. Utilisez la citation ci-dessous pour vos articles, présentations ou publications.

Olance, « Défaillances d'entreprises en France 2026 : chiffres à jour », mis à jour le 23 août 2026, consulté le 25 août 2026, https://olance.fr/chiffres/defaillances-entreprises-france
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Licence des données produites par Olance : CC BY 4.0. Les données INSEE, Banque de France et Bpifrance restent soumises à leur licence propre, se référer aux sources liées sur cette page.

Questions fréquentes

Combien de défaillances d'entreprises en France en 2026 ?
Selon la Banque de France, le cumul 12 mois glissants à fin juin 2026 est de 70 803 défaillances (publication du 7 août 2026), en légère hausse par rapport à fin mai 2026 (70 117 après révision). Ce chiffre est un cumul mobile publié mensuellement, à ne pas confondre avec un total annuel. Le dernier total annuel disponible est 68 602 procédures ouvertes en 2025.
Le chiffre de 70 803 défaillances est-il un record historique ?
Non, c'est le cumul 12 mois glissants, pas un total annuel. Les deux périmètres ne se comparent pas. Le record annuel documenté est de 68 602 procédures ouvertes en 2025, soit le plus haut niveau depuis 35 ans selon la Banque de France. La confusion entre cumul glissant et total annuel est fréquente dans les reprises presse et doit être évitée pour toute analyse rigoureuse.
Les défaillances continuent-elles d'augmenter en 2026 ?
La dynamique s'est nettement cassée. Après une flambée à +17,7 % en 2024 (rattrapage post-Covid), la hausse a ralenti à +3,6 % en 2025 (source Banque de France). Sur 2026, le cumul 12 mois est passé de 68 602 fin décembre 2025 à 70 803 fin juin 2026, soit une hausse résiduelle d'environ +3,2 % sur 6 mois. La Banque de France qualifie ce niveau de défaillances d'« élevé » mais parle de reprise modérée après stabilisation, pas de flambée.
Qui fait le plus faillite : les microentreprises ou les PME ?
En volume brut, les microentreprises représentent 92 % des défaillances (63 000 environ en 2025). Mais en dynamique, ce sont les PME, ETI et grandes entreprises qui décrochent le plus : leurs défaillances dépassent de 68 % la moyenne 2010-2019, contre seulement +12 % pour les microentreprises (source Banque de France, publication annuelle 2025). Le tissu productif structuré est donc bien plus touché en relatif que la masse des microentreprises, qui reste proche de son niveau historique.
Combien d'opportunités de reprise cela représente-t-il ?
Le catalogue Olance surface en continu les opportunités de reprise issues des procédures collectives publiées au BODACC. Au jour de la dernière mise à jour de cette page, il compte environ 60 000 opportunités actives (fonds de commerce, sociétés en redressement ou en liquidation pouvant faire l'objet d'un plan de cession). Ce nombre est un stock, il évolue quotidiennement en fonction des nouvelles publications BODACC et de la clôture des procédures antérieures.

Méthodologie