Cessions d'entreprises en France, flux annuel 2026
Combien de cessions de PME sont réalisées chaque année en France, comment le flux se compare au potentiel théorique, à quoi ce chiffre échappe. Ordre de grandeur et sources primaires.
Réponse en bref
~26 000 cessions de PME par an, ordre de grandeur
Le chiffre le plus fiable disponible aujourd'hui vient de Bpifrance Le Lab. Il n'est pas mesuré directement, il est extrapolé à partir des transmissions observées sur 5 ans.
Selon Bpifrance Le Lab, environ 130 000 PME sont effectivement transmises en 5 ans en France. Ramené à une base annuelle, cela représente un rythme moyen d'environ 26 000 cessions par an. Ce chiffre couvre les transmissions structurées : cession de fonds de commerce publiée au BODACC, cession de titres actée devant notaire ou greffier, transmissions familiales enregistrées par donation, plans de cession going-concern à la barre du tribunal.
Ce n'est pas une mesure directe. Il n'existe pas de registre public unique des cessions d'entreprises en France, contrairement aux créations (mesurées mensuellement par l'INSEE) ou aux défaillances (Stat Info Banque de France). Le chiffre 26 000 est un ordre de grandeur consensuel dans la sphère professionnelle, cité par Bpifrance, la Confédération des repreneurs (CRA), les CCI et CMA.
Source : Bpifrance Le Lab, marché de 370 000 entreprises (2023)
Un écart de 15 000 à 37 000 opportunités non réalisées par an
Le potentiel théorique est calculé à partir du vivier démographique : 370 000 PME et ETI à transmettre d'ici 2030, soit 74 000 par an. La différence avec le rythme réel est le vrai sujet économique.
L'écart annuel se situe entre 15 000 et 37 000 opportunités selon les hypothèses de comptage retenues, sourcé Bpifrance Le Lab et CRA (Confédération des repreneurs). Ces transmissions manquées ne se matérialisent pas dans un chiffre unique de « faillites du marché » : elles se dispersent entre entreprises qui périclitent faute de reprise, entreprises qui ferment sans successeur, entreprises qui se maintiennent sous propriétaire sortant sans transmission active, et cessions non captées par les statistiques (parts amiables non publiées).
Source : Bpifrance Le Lab, marché de 370 000 entreprises (2023)
Nature des cessions comptabilisées
Le chiffre 26 000 agrège plusieurs canaux distincts, avec des règles juridiques et fiscales propres à chacun. Comprendre cette structure est indispensable pour toute analyse fine.
- Cession de fonds de commerce :transfert de l'activité commerciale sans reprise de la société. Publiée au BODACC (annonce légale obligatoire). Fréquent dans le commerce de détail, l'hôtellerie, la restauration, l'artisanat. Le repreneur crée sa propre société pour exploiter le fonds.
- Cession de titres (parts sociales ou actions) : transfert de la propriété de la société elle-même. La forme dominante en cession de PME structurée. La publication en annonce légale n'est pas obligatoire pour toutes les cessions de titres, ce qui explique une part du sous-comptage.
- Transmission familiale par donation : transfert à titre gratuit aux héritiers, souvent structuré via un pacte Dutreil (75 % d'exonération). Passe par le notaire, enregistrement fiscal spécifique. Compté séparément dans les statistiques DGFiP.
- Reprise interne par les salariés :société coopérative, LMBO/LBO interne, plan d'actionnariat salarié. Représentent une part croissante des cessions de PME, notamment industrielles.
- Plans de cession going-concern à la barre : arrêtés par les tribunaux dans le cadre d'une procédure collective, sur entreprise en redressement judiciaire. Le baromètre Olance BODACC en recensait 154 au T1 2026, soit un ordre de grandeur de 600 par an. Marginal face aux cessions de gré à gré, mais canal important pour les repreneurs spécialisés.
Source : Baromètre BODACC Olance T1 2026 (2026) · Bpifrance Le Lab, marché de 370 000 entreprises (2023)
Calage rentrée 2026 : l'agenda du secteur
La rentrée est le moment où le marché de la transmission redevient visible dans la presse économique et les publications professionnelles.
Deux temps forts structurent l'automne 2026 dans le champ de la transmission des PME françaises. L'Opération nationale Transmission co-organisée par CCI France et CMA France mobilise le réseau consulaire dans toutes les régions pour sensibiliser les cédants potentiels et mettre en relation avec les repreneurs. En parallèle, Bpifrance déroule un plan en 11 mesures annoncé au premier semestre 2026 pour renforcer l'écosystème de la transmission, en articulation avec le plan gouvernemental Objectif Reprises (courrier de sensibilisation adressé aux dirigeants à leurs 55 ans).
Source : Plan Objectif Reprises, economie.gouv.fr (2026)
Citer ces données
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Questions fréquentes
- Combien de cessions d'entreprises sont réalisées chaque année en France ?
- Environ 26 000 cessions de PME par an sur la période récente, selon Bpifrance Le Lab qui estime à environ 130 000 le nombre de PME effectivement transmises en 5 ans. Ce chiffre couvre les cessions structurées comptabilisables (cession de fonds de commerce publiée en annonce légale, cession de titres actée devant notaire ou greffier, plans de cession à la barre du tribunal). Il ne couvre pas les cessions amiables de parts non publiées, qui échappent au comptage.
- Pourquoi ce chiffre est-il si difficile à mesurer avec précision ?
- Trois raisons. D'abord, il n'existe pas de registre unique des cessions : le BODACC publie les cessions de fonds de commerce, l'INSEE observe les mouvements de dirigeants, l'INPI enregistre les changements au registre du commerce. Aucun de ces flux ne recoupe strictement une cession. Ensuite, les cessions de titres non publiées (majoritaires en cession de PME structurée) échappent au comptage. Enfin, la définition même de « cession » varie : cession de fonds de commerce, cession de titres, cession partielle d'activité, transmission familiale par donation, reprise interne par les salariés. Chaque source retient un périmètre différent.
- Quelle est la différence entre les cessions réalisées et le potentiel théorique ?
- Le potentiel théorique de 74 000 transmissions par an correspond au vivier calculé par Bpifrance Le Lab (370 000 PME et ETI à transmettre d'ici 2030, ramené à une base annuelle). Le rythme réel de 26 000 cessions par an laisse un écart de 15 000 à 37 000 opportunités non réalisées selon les hypothèses de comptage. Ces entreprises ne disparaissent pas toutes brutalement : certaines se transmettent en dehors du radar statistique, d'autres périclitent, d'autres ferment sans successeur.
- Les cessions augmentent-elles avec le papy-boom ?
- Elles devraient, mais l'observation statistique reste difficile. La vague démographique des dirigeants baby-boomers atteint l'âge de la retraite depuis le milieu des années 2020, ce qui alimente mécaniquement le flux transmissible. Le plan Objectif Reprises annoncé par le gouvernement en mai 2026 (courrier aux dirigeants dès 55 ans) vise précisément à améliorer la conversion du vivier théorique en transmissions effectives.
- Les cessions à la barre du tribunal sont-elles comptées dans ces chiffres ?
- Elles constituent une part très marginale. Le baromètre Olance BODACC recensait 154 plans de cession going-concern arrêtés par les tribunaux au premier trimestre 2026, soit un ordre de grandeur de 600 plans par an. Ce volume est sans commune mesure avec les cessions de gré à gré. Les procédures collectives (redressement, liquidation) sont un canal de reprise à part, avec ses propres règles et sa propre temporalité, traités sur notre page dédiée aux défaillances d'entreprises.