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Chiffres, pyramide économique

Entreprises françaises par taille, 2026 : le décalage nombre contre poids

4 catégories (MIC, PME, ETI, GE), leurs seuils légaux exacts (décret 2008-1354, règle du OU), et surtout le décalage central entre le nombre d'entreprises et leur poids économique. Les microentreprises écrasent le décompte, les grandes entreprises concentrent la valeur.

Réponse en bref

En France, les 4 042 715 microentreprises représentent 96 % du nombre d'entreprises marchandes hors agri/finance (INSEE 2023) mais seulement 17 % de l'emploi salarié. Inversement, les 312 grandes entreprises sont 0,01 % du total mais concentrent 28 % de l'emploiet 32 % de la valeur ajoutée. Cette pyramide inversée entre le nombre d'entités et leur poids économique est la structure la plus importante du tissu productif français.

Les 4 catégories et leurs seuils exacts (décret 2008-1354)

Le texte légal fait autorité, il est pourtant mal cité partout ailleurs. La règle du OU entre CA et bilan est le point le plus souvent inversé.

Seuils légaux des 4 catégories d'entreprises, décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008.
CatégorieEffectifCA annuelTotal de bilan
Microentreprise (MIC)< 10≤ 2 M€≤ 2 M€
Petite ou moyenne (PME)< 250≤ 50 M€≤ 43 M€
Taille intermédiaire (ETI)< 5 000≤ 1,5 Md€≤ 2 Md€
Grande entreprise (GE)≥ 5 000> 1,5 Md€> 2 Md€

Le point que presque toutes les pages concurrentes énoncent de travers : la règle du « ou »

Une entreprise appartient à une catégorie si elle respecte l'effectif ETl'un ou l'autre des seuils financiers (CA OU bilan), pas les deux. Concrètement, une entreprise avec 200 salariés et 60 M€ de CA mais un bilan de 40 M€ reste PME (bilan sous seuil, donc au moins un critère financier respecté). Le passage entre catégories n'est effectif qu'après deux exercices consécutifs de dépassement, ce qui stabilise les classements dans le temps.

Source : Décret n° 2008-1354 (Légifrance)

La pyramide : nombre d'entreprises par catégorie

En volume, la pyramide est presque plate au sommet et écrasante à la base.

Nombre d'entreprises par catégorie de taille en France, 2023Diagramme à barres horizontales : 4 042 715 microentreprises, 163 992 PME hors micro, 7 031 ETI, 312 grandes entreprises. Ordre décroissant en nombre.Microentreprises4,04 M entreprisesPME (hors micro)163 992 entreprisesETI7 031 entreprisesGrandes entreprises312 entreprisesSource : olance.fr

Source : INSEE Focus n° 372 (2023)

Le décalage : ce que chaque catégorie pèse vraiment

Le tableau qui suit est la vraie image du tissu productif français : la valeur économique n'est pas où sont les entreprises.

Nombre, emploi et poids économique par catégorie, France, 2023.
CatégoriePart du nombrePart emploi salariéPart valeur ajoutéePart CA
Microentreprises95,93 %17 %19 %12 %
PME (hors microentreprises)3,89 %29,1 %23 %22 %
Entreprises de taille intermédiaire0,17 %25,8 %26 %30 %
Grandes entreprises0,01 %28,1 %32 %36 %
Part de l'emploi salarié vs part du nombre d'entreprises par catégorie, France 2023Diagramme comparant part de l'emploi salarié et part du nombre d'entreprises par catégorie. Microentreprises : 96 % du nombre, 17 % de l'emploi. PME : 3,9 % du nombre, 29,1 % de l'emploi. ETI : 0,17 % du nombre, 25,8 % de l'emploi. GE : 0,01 % du nombre, 28,1 % de l'emploi.MIC (nombre)96 % du totalMIC (emploi)17 % du totalPME (nombre)3,9 % du totalPME (emploi)29,1 % du totalETI (nombre)0,17 % du totalETI (emploi)25,8 % du totalGE (nombre)0,01 % du totalGE (emploi)28,1 % du totalSource : olance.fr
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Source : INSEE Focus n° 372 (2023)

Ce que la catégorie change concrètement pour une entreprise

Au delà des statistiques, l'appartenance à une catégorie ouvre ou ferme des dispositifs.

  • Obligations sociales et fiscales : plusieurs seuils déclenchent des obligations (CSE au delà de 11 salariés, cotisations formation renforcées, prélèvement à la source complexifié, etc.) indépendamment de la catégorie INSEE mais qui recoupent en pratique le passage MIC → PME.
  • Accès aux dispositifs Bpifrance : nombre de dispositifs de financement (Prêt Croissance Transmission, garantie Bpifrance) ciblent les PME et ETI, pas les microentreprises.
  • Fiscalité de cession :l'abattement de 500 000 € pour départ à la retraite (art. 150-0 D ter CGI) exige que la société cédée soit une PME au sens européen (moins de 250 salariés, CA ≤ 50 M€ ou bilan ≤ 43 M€), définition strictement alignée sur le décret 2008-1354.
  • Reporting extra-financier : les grandes entreprises et les ETI cotées sont assujetties à la CSRD, pas les PME (sauf choix volontaire).

Source : Décret n° 2008-1354 · INSEE, l'essentiel sur les entreprises

Lecture transmission : quelle catégorie se transmet, laquelle disparaît

Toutes les catégories ne connaissent pas les mêmes trajectoires en fin de cycle.

Microentreprises :se transmettent rarement en tant qu'entreprises. Deux issues dominantes en fin de carrière du dirigeant : cession du fonds de commerce (bail, clientèle, matériel) à un tiers repreneur, ou disparition pure et simple (radiation Sirene sans reprise). Volumétrie importante mais valeur unitaire faible.

PME hors micro :cœur du marché de la transmission structurée en France, cible principale des cabinets M&A mid-cap. C'est le segment que Bpifrance Le Lab chiffre à 370 000 entreprises à transmettre d'ici 2030. Cession de titres à un repreneur individuel, un search fund, une ETI en croissance externe ou un fonds de private equity.

ETI : transmissions plus souvent familiales (pacte Dutreil), ou cessions à des industriels et fonds. Cibles rares, forte valeur, longs cycles de négociation.

Grandes entreprises :ne se « transmettent » pas au sens classique. Les mouvements de propriété passent par le marché coté, les cessions d'actifs à d'autres GE ou les LBO.

Source : Bpifrance Le Lab, marché de 370 000 entreprises · Chiffres de la transmission 2026

Citer ces données

Ces chiffres sont librement réutilisables avec attribution. Utilisez la citation ci-dessous pour vos articles, présentations ou publications.

Olance, « Entreprises en France par taille : TPE, PME, ETI, GE 2026 », mis à jour le 23 août 2026, consulté le 25 août 2026, https://olance.fr/chiffres/entreprises-france-par-taille
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Questions fréquentes

Quelles sont les 4 catégories d'entreprises en France ?
Le décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 définit quatre catégories : microentreprises (MIC), petites et moyennes entreprises (PME), entreprises de taille intermédiaire (ETI), grandes entreprises (GE). Les trois seuils déterminants sont l'effectif salarié, le chiffre d'affaires annuel et le total de bilan. Une entreprise change de catégorie après deux exercices consécutifs de dépassement des seuils, ce qui stabilise les statistiques d'une année à l'autre.
Quels sont les seuils exacts entre PME, ETI et GE ?
Effectif : PME sous 250 salariés, ETI de 250 à 4 999 salariés, GE au-delà de 5 000. Chiffre d'affaires : PME ≤ 50 M€, ETI ≤ 1,5 Md€, GE au-delà. Total de bilan : PME ≤ 43 M€, ETI ≤ 2 Md€, GE au-delà. Attention à la règle du « ou » : une entreprise doit dépasser l'effectif ET l'un ou l'autre des seuils financiers (CA OU bilan) pour basculer dans la catégorie supérieure. C'est le point que la plupart des sources énoncent de travers.
Pourquoi les microentreprises représentent-elles 96 % des entreprises mais seulement 17 % de l'emploi ?
C'est le décalage central de la pyramide économique française. Les microentreprises (moins de 10 salariés, CA sous 2 M€) sont numériquement écrasantes (4 042 715 entités en 2023) parce qu'elles incluent tous les indépendants et les auto-entrepreneurs. Mais chaque microentreprise pèse en moyenne 0,6 ETP salarié, contre 27 pour une PME hors micro et 545 pour une ETI. La masse salariale et la valeur ajoutée sont donc concentrées dans les catégories supérieures : les 312 grandes entreprises pèsent 28 % de l'emploi salarié à elles seules.
Une microentreprise INSEE et un micro-entrepreneur, est-ce la même chose ?
Non, il faut distinguer trois notions. Une microentreprise au sens INSEE (catégorie MIC du décret 2008-1354) est une entreprise de moins de 10 salariés avec un CA n'excédant pas 2 millions d'euros. Un micro-entrepreneur est un statut fiscal (ex-auto-entrepreneur) qui permet de simplifier les obligations fiscales et sociales. Une entreprise peut être microentreprise au sens INSEE sans être micro-entrepreneur, et inversement une majorité écrasante de micro-entrepreneurs relève effectivement de la catégorie microentreprise. Le détail est développé dans notre page dédiée aux TPE.
Quelle catégorie représente le cœur du marché de la transmission ?
Les PME hors microentreprises (163 992 entreprises) et les ETI (7 031) forment le cœur du marché de la transmission structurée en France, soit environ 171 000 cibles potentielles. C'est sur ces 171 000 entités que se concentrent les études Bpifrance Le Lab qui estiment à 370 000 le nombre de PME et ETI à transmettre d'ici 2030. Les microentreprises se transmettent plus rarement en tant qu'entreprise (souvent : cession de fonds ou disparition), les grandes entreprises quasi jamais dans une logique de transmission classique.

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