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Top 10 des secteurs en procédure collective en France — analyse BODACC S1 2026

34 806 procédures collectives actionnables au S1 2026 en France. Quels secteurs ? Quelles régions ? Lesquels donnent réellement lieu à un plan de cession ? Analyse data-driven Olance.

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L'équipe Olance
Rédaction Olance ·
Marché de la transmission d'entreprise en France : analyse sectorielle

Au premier semestre 2026, plus de 34 800 entreprises françaises sont entrées en procédure collective avec un signal exploitable pour un repreneur. Toutes ne sont pas reprenables, loin de là. Mais derrière ce chiffre brut, la répartition par secteur dessine une cartographie précise de l'opportunité — et de la difficulté. Nous avons analysé l'ensemble des annonces BODACC remontées dans notre base entre janvier et juin 2026, puis enrichies par le secteur d'activité issu d'INSEE Sirene. Voici ce que les données disent.

Méthodologie

  • Source : annonces BODACC structurées (familleavis_lib = « Procédures collectives »), enrichies du code NAF via INSEE Sirene puis remappées vers une nomenclature sectorielle propre à Olance.
  • Période : 1er janvier 2026 → 30 juin 2026 (S1 2026), sur date de jugement.
  • Périmètre : opportunités actives à date (non clôturées par une annulation ultérieure), avec un score d'actionnabilité supérieur ou égal à 1 (jugements d'ouverture de redressement, ouvertures de liquidation, plans de cession arrêtés).
  • Exclusions : annulations (« type=annule »), avis de dépôt purement informatifs, annonces ne portant pas un jugement actionnable au sens de la nomenclature BODACC.
  • Unicité : nous comptons à la fois le volume d'annonces (un SIREN peut générer plusieurs jugements successifs) et le nombre d'entreprises uniques (SIREN distincts).

Volumétrie globale au S1 2026

  • Annonces actionnables totales : 34 806.
  • Jugements d'ouverture de redressement judiciaire : 8 363.
  • Jugements d'ouverture de liquidation judiciaire : 18 876.
  • Plans de cession arrêtés : 310.

Le ratio plan de cession / annonces totales s'établit à environ 0,9 %. Concrètement : sur 100 entreprises annoncées en procédure collective au S1 2026, moins d'une donne lieu à un plan de cession arrêté dans le semestre. La grande majorité des situations débouchent sur une liquidation, et un tiers seulement entre en redressement — étape préalable à une éventuelle reprise « going concern ».

C'est précisément pour cela qu'un repreneur travaillant le marché distressed doit suivre les jugements d'ouverture de redressement, et non attendre les annonces de plan de cession (trop tardives et trop rares pour construire un pipeline).

Top 10 des secteurs par volume d'annonces

Quatre secteurs concentrent à eux seuls 65 % du volume actionnable du semestre.

  • BTP : 6 480 annonces / 5 973 entreprises uniques / 25 plans de cession arrêtés.
  • Services B2B (conseil, services aux entreprises) : 5 486 annonces / 5 142 uniques / 50 plans de cession.
  • Retail (commerce de détail non alimentaire) : 5 272 annonces / 4 958 uniques / 35 plans de cession.
  • Restauration : 5 111 annonces / 4 771 uniques / 50 plans de cession.
  • Transport : 1 483 annonces / 1 362 uniques / 8 plans de cession.
  • Distribution (gros, intermédiaires) : 1 420 annonces / 1 306 uniques / 18 plans de cession.
  • Services aux personnes : 1 349 annonces / 1 273 uniques / 8 plans de cession.
  • Industrie : 1 232 annonces / 1 113 uniques / 49 plans de cession.
  • Immobilier et services immobiliers : 1 037 annonces / 979 uniques / 9 plans de cession.
  • Agroalimentaire : 889 annonces / 834 uniques / 9 plans de cession.

Lecture : volume ne veut pas dire reprenabilité

L'industrie : faible volume, fort taux de plan de cession

L'industrie est le 8ᵉ secteur en volume (1 232 annonces), mais elle concentre 49 plans de cession arrêtés sur les 310 du semestre — soit 16 % des plans pour seulement 3,5 % des annonces totales. Le ratio plan / annonces atteint 4 % dans l'industrie, contre 0,4 % dans le BTP et 0,9 % en moyenne. Autrement dit : une procédure collective dans l'industrie aboutit dix fois plus souvent à un plan de cession que dans le BTP.

L'explication tient à la nature de l'actif : une PME industrielle, c'est un outil de production, des contrats avec des donneurs d'ordre, des brevets, des certifications. Cet ensemble vaut bien plus en exploitation continue qu'en liquidation morcelée. Les administrateurs judiciaires et les tribunaux de commerce le savent et orientent davantage ces dossiers vers la cession plutôt que vers la liquidation. Côté repreneur : c'est le segment où la prime à la diligence active (sourcing, dossier prêt, financement validé) est la plus forte.

Le BTP : énorme volume, peu de plans de cession

Le BTP représente 18,6 % du volume actionnable du semestre, mais seulement 8 % des plans de cession arrêtés (25 sur 310). Le ratio plan / annonces est de 0,4 %, soit deux fois moins que la moyenne nationale.

Plusieurs facteurs convergent : une part importante des défaillances concerne des structures unipersonnelles ou très petites (artisans, micro-BTP) sans fonds de commerce reprenable au-delà du véhicule, des outils et de quelques contrats en cours ; le carnet de commandes du BTP se contracte vite à l'ouverture de la procédure (clients qui résilient, sous-traitants qui partent), érodant la valeur d'un éventuel plan de cession ; les obligations sociales et environnementales (chantiers en cours, garanties décennales) découragent les candidats à la reprise.

La restauration et le retail : volume massif, opportunité granulaire

Restauration (5 111 annonces) et retail (5 272 annonces) sont les deux secteurs où l'opportunité est la plus granulaire : beaucoup de petites unités (restaurants indépendants, boutiques) avec des fonds de commerce qui ont une valeur claire (emplacement, autorisations, parc machines), mais peu d'entre elles font l'objet d'un plan de cession formel via BODACC. La voie courante est la cession de fonds de commerce de gré à gré supervisée par le mandataire judiciaire, qui n'apparaît pas toujours dans BODACC comme « plan de cession ».

Pour le repreneur intéressé par ces deux secteurs : la base d'annonces actives reste le meilleur point d'entrée pour identifier les cibles, mais le contact direct avec les mandataires judiciaires des régions visées est indispensable pour accéder à l'offre réelle.

Les services B2B : taux de plan de cession équivalent à l'industrie

Avec 50 plans de cession sur 5 486 annonces, le ratio des services B2B est de 0,9 %, identique à la moyenne. Mais en absolu, c'est l'un des trois plus gros volumes de plans de cession arrêtés du semestre (à égalité avec la restauration). Ce qui rend ce segment intéressant : la valeur d'une PME de services B2B repose sur ses contrats récurrents, sa marque, son équipe — autant d'éléments mieux préservés par une reprise via plan de cession que par une liquidation.

Cartographie régionale

L'Île-de-France domine très largement le volume d'annonces dans neuf des dix premiers secteurs. Le seul secteur où elle n'est pas en tête est l'industrie, où c'est Auvergne-Rhône-Alpes qui concentre le plus d'opportunités au S1 2026 (214 annonces industrielles contre des volumes inférieurs en Île-de-France).

Cette domination francilienne est en partie un effet de densité économique brute (l'Île-de-France représente environ 32 % du PIB français et concentre une part équivalente des entreprises de 1 à 9 salariés). Mais elle révèle aussi un point important pour le repreneur : sur les secteurs très métropolitains (services B2B, restauration, retail), un repreneur situé en région a un avantage relatif s'il est prêt à se positionner sur des cibles franciliennes — peu de candidats régionaux y postulent.

Ce que ces chiffres ne disent pas

  • La valeur des cibles. Le score d'actionnabilité indique qu'un jugement est techniquement exploitable, pas que la cible est de qualité. Une PME industrielle de 80 personnes et un atelier de 3 ouvriers comptent pour 1 dans nos statistiques.
  • La taille de l'entreprise. BODACC ne porte ni effectifs ni chiffre d'affaires. Nous enrichissons via INSEE Sirene quand c'est possible, mais cette donnée reste indicative.
  • Le calendrier réel d'une éventuelle reprise. Entre le jugement d'ouverture de redressement et un plan de cession arrêté, il s'écoule en pratique 6 à 18 mois — parfois plus.
  • Les manifestations d'intérêt et appels à candidatures. Ils sont gérés directement par les administrateurs judiciaires et n'apparaissent pas (ou très peu) dans BODACC. Pour une couverture complète, il faut combiner BODACC et contacts directs avec les administrateurs des régions visées.

Ce que ces chiffres impliquent pour un repreneur

  • Suivre les jugements d'ouverture de redressement, pas seulement les plans de cession. Sur 8 363 ouvertures de redressement au S1, seules 310 ont déjà débouché sur un plan arrêté à fin juin. Le pipeline se construit en amont.
  • Choisir son secteur en fonction de sa propre expertise plutôt que du volume brut. L'industrie offre le meilleur ratio plan/annonces, mais exige une expertise opérationnelle pointue. La restauration offre la plus forte granularité, mais la concurrence est dense.
  • Construire un dossier de reprise prêt à présenter à l'administrateur judiciaire avant de candidater (financement, projet, équipe). Les tribunaux retiennent prioritairement les dossiers qui maintiennent l'emploi et la pérennité.
  • Croiser les annonces BODACC avec un contact direct des mandataires judiciaires des régions visées — c'est là que se font les manifestations d'intérêt et les appels à candidatures non publiés.

Méthode et limites des données

Les données sont issues de l'ingestion BODACC quotidienne d'Olance, enrichies via l'API INSEE Sirene pour le NAF et la localisation, puis remappées en secteurs d'activité homogènes (12 catégories propres à Olance). La couverture NAF atteint 94 % des annonces ; 6 % des annonces restent sans secteur identifié (forme juridique exotique, SIREN non encore propagé dans Sirene, ou annonces sectoriellement inclassables — typiquement des holdings patrimoniales). Les chiffres présentés portent sur les annonces où le secteur a pu être déterminé.

Le score d'actionnabilité (≥ 1) écarte les annonces purement informatives (avis de dépôt, modifications mineures, extraits de jugement sans contenu reprenable). Il intègre la nature du jugement (ouverture vs. clôture, redressement vs. liquidation), la fraîcheur de la procédure et la cohérence des données d'enrichissement.

À retenir

  • 34 806 procédures collectives actionnables au S1 2026, dont 310 plans de cession déjà arrêtés (moins d'1 % des situations).
  • BTP, services B2B, retail et restauration concentrent 65 % du volume.
  • L'industrie offre le meilleur ratio plan de cession / annonces (4 %), dix fois supérieur à celui du BTP.
  • L'Île-de-France domine tous les secteurs sauf l'industrie (Auvergne-Rhône-Alpes en tête).

Pour un suivi des opportunités sectorielles en continu, le catalogue des entreprises en procédure collective est mis à jour quotidiennement avec les données BODACC enrichies INSEE.

Cet article s'inscrit dans la continuité du baromètre transmission Olance, dont la prochaine édition couvrira l'ensemble du S1 2026.

Questions fréquentes

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L'équipe Olance écrit sur la transmission d'entreprise en France. Nous croisons l'expertise M&A, la fiscalité française et les retours terrain pour publier des analyses utiles aux cédants comme aux repreneurs.

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