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Cession de fonds de commerce ou de titres : le comparatif 2026

Droits d'enregistrement, TVA, transfert du passif et des contrats, fiscalité pour le cédant : le comparatif complet entre vendre son fonds de commerce et vendre ses titres en 2026, avec exemples chiffrés.

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L'équipe Olance
Rédaction Olance · Mis à jour le
Main signant un document juridique avec un stylo plume : acte de cession d'entreprise

La cession de titres transfère la société entière (actifs + passif + contrats + personnel) avec des droits d'enregistrement faibles : 0,1 % pour les actions de SAS/SA, 3 % pour les parts de SARL (après abattement de 23 000 €). La cession de fonds de commerce isole les actifs mais supporte des droits progressifs jusqu'à 5 %, et la TVA sauf application de l'article 257 bis CGI.

Vendre son entreprise, ce n'est pas UNE opération mais DEUX opérations juridiquement très différentes. Céder ses titres, c'est vendre la personne morale ; céder son fonds de commerce, c'est vendre les actifs. Le choix engage des dizaines de milliers d'euros de fiscalité, le sort du passif, celui des contrats et des salariés. Ce comparatif détaille chaque poste avec des chiffres 2026.

La différence fondamentale : société vs actifs isolés

Une cession de titres (parts sociales ou actions) est le transfert de la société elle-même. Le cessionnaire devient le nouveau propriétaire de la personne morale et hérite de tout ce qu'elle contenait à la date du closing : actifs, passif, contrats commerciaux, contentieux latents, salariés, dette fiscale ou sociale, historique bancaire. La société continue d'exister sans discontinuité.

Une cession de fonds de commerce est le transfert des seuls actifs corporels et incorporels qui composent le fonds : clientèle, achalandage, enseigne, matériel, stocks, droit au bail. Le passif reste chez le cédant, sauf clause contraire. La société vendeuse continue d'exister à part et peut être liquidée ensuite ou changer d'objet social.

Cette distinction n'est pas cosmétique : elle conditionne les droits d'enregistrement, la TVA, le sort du passif, le transfert des contrats et la fiscalité pour le cédant.

Droits d'enregistrement : le comparatif chiffré 2026

Le poste le plus visible du comparatif. Trois régimes coexistent selon la forme sociale et le type de cession.

  • Cession d'actions de SAS, SA ou SCA : 0,1 % du prix de cession (article 726 I 1° du CGI). Aucun abattement. C'est le régime le plus léger.
  • Cession de parts sociales de SARL ou EURL : 3 % du prix, après application d'un abattement de 23 000 € (proratisé au nombre de parts cédées). Article 726 I 1° bis du CGI.
  • Cession de fonds de commerce : barème progressif fixé par l'article 719 du CGI — 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà. C'est le régime le plus lourd sur les montants élevés.

Exemple deal 500 000 € :

  • SAS/SA (titres) : 500 000 × 0,1 % = 500 €.
  • SARL (parts) : (500 000 − 23 000) × 3 % = 14 310 €.
  • Fonds de commerce : 0 + (200 000 − 23 000) × 3 % + (500 000 − 200 000) × 5 % = 5 310 + 15 000 = 20 310 €.

Écart entre SAS et fonds de commerce sur la même valorisation : plus de 40× de droits d'enregistrement. Sur un deal 2 M€, l'écart atteint 500 € (SAS) vs 95 310 € (fonds). Cette seule mécanique explique pourquoi les transactions structurées sur des SAS sont massivement préférées.

Les droits d'enregistrement sont réglés en principe par le cessionnaire dans le mois suivant la signature. Ils sont négociables dans le protocole — partage 50/50 fréquent en cession de fonds, à charge du cessionnaire seul en cession de titres.

TVA : titres exonérés, fonds parfois exonéré (article 257 bis)

La cession de titres bénéficie d'une exonération de TVA de plein droit (article 261 D 1° bis du CGI). Aucune TVA n'est due sur le prix des parts ou actions cédées, quelle que soit la valeur.

La cession de fonds de commerce est en principe assujettie à la TVA (livraison de biens). Le taux applicable est de 20 % sur la fraction du prix imputable aux immobilisations et stocks taxables. Sur un fonds cédé 500 000 €, cela peut représenter jusqu'à 100 000 € de TVA à collecter par le cédant et à déduire par le cessionnaire — avec un impact BFR immédiat même si l'opération est fiscalement neutre à terme.

L'exception majeure est l'article 257 bis du CGI : la cession de fonds de commerce est exonérée de TVA si elle porte sur une « universalité de biens » et que le cessionnaire poursuit l'activité en tant qu'assujetti à la TVA. C'est le cas standard en cession de PME, mais la clause doit être explicitement mentionnée dans l'acte. Pour le régime TVA détaillé, voir l'article dédié.

Transfert du passif : le vrai enjeu

C'est le point qui différencie le plus les deux opérations dans la vie réelle du cessionnaire.

En cession de titres, le cessionnaire hérite de TOUT le passif de la société, connu ou non : dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales, contentieux en cours ou latents, garanties données, engagements hors bilan. La garantie d'actif et de passif (GAP) est le mécanisme contractuel qui permet au cessionnaire de se retourner contre le cédant si un passif caché émerge dans les mois qui suivent le closing.

En cession de fonds de commerce, seuls les actifs listés dans l'acte sont transférés. Le passif reste chez le cédant. Le cessionnaire est protégé mécaniquement, sans avoir besoin d'une GAP aussi étoffée. C'est un avantage majeur, mais qui a un revers : le cessionnaire n'hérite pas non plus de l'historique fiscal utile (déficits reportables, crédits d'impôt, agrément administratif). Attention aussi à la solidarité fiscale : le cessionnaire de fonds est solidairement responsable du paiement des impôts du cédant pendant 30 à 90 jours (article 1684 CGI + L. 141-15 C. com.), d'où le séquestre légal de 3 à 5 mois.

Contrats commerciaux, bail, salariés

En cession de titres, tous les contrats de la société suivent automatiquement : contrats fournisseurs, contrats clients, bail commercial, licences, agréments, contrats de travail. Aucune notification n'est requise sauf clause d'intuitu personae ou de changement de contrôle dans les contrats concernés.

En cession de fonds de commerce, la règle est différente contrat par contrat. Le bail commercial se transmet automatiquement au cessionnaire (article L. 145-16 du Code de commerce), sauf clause d'agrément du bailleur. Les contrats de travail se transmettent également automatiquement en application de l'article L. 1224-1 du Code du travail — le cessionnaire hérite des salariés et de leur ancienneté, sans possibilité de licenciement lié à la cession. En revanche, les contrats commerciaux (fournisseurs, clients) ne se transmettent pas automatiquement : ils doivent être renégociés ou cédés individuellement, avec l'accord du cocontractant. C'est souvent un point de friction majeur.

Fiscalité pour le cédant : plus-value dans les deux cas

Dans les deux configurations, le cédant est imposé sur la plus-value réalisée : différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition (ou la valeur d'apport) des titres cédés ou des éléments d'actif du fonds.

En cession de titres détenus par une personne physique, la plus-value relève du régime des plus-values sur valeurs mobilières : PFU à 31,4 % par défaut (12,8 % IR + 18,6 % PS), avec possibilité d'option pour le barème progressif, abattement dirigeant retraite de 500 000 € et régimes de faveur (Dutreil, apport-cession) sous conditions. Pour le détail complet, voir le guide dédié.

En cession de fonds de commerce, si le fonds est détenu par une société soumise à l'IS, la plus-value est imposée au taux d'IS (25 % de droit commun en 2026). Si le fonds est exploité en nom propre par un entrepreneur individuel, elle relève des plus-values professionnelles (article 39 duodecies du CGI), avec des régimes d'exonération selon la valeur du fonds et le chiffre d'affaires. Ces régimes sont techniques et à valider avec un avocat fiscaliste.

Comment choisir : les 4 critères déterminants

  • Poids du passif latent : cession de fonds si passif fiscal, social ou judiciaire lourd et non-provisionné. Cession de titres si actifs propres et GAP suffisante.
  • Coût des droits d'enregistrement : cession de titres presque toujours moins chère, sauf sur les toutes petites valeurs. Une SAS bien structurée à l'amont maximise l'écart.
  • Volonté de transférer les contrats commerciaux : cession de titres si les contrats sont essentiels (grands comptes récurrents, licences, agréments). Cession de fonds si les contrats commerciaux sont fongibles ou faciles à renégocier.
  • Continuité juridique souhaitée : cession de titres si le cessionnaire veut hériter des déficits reportables, du numéro de TVA, de l'historique bancaire. Cession de fonds si repartir de zéro juridiquement est un avantage.

En pratique, sur une PME solide avec un passif maîtrisé, la cession de titres l'emporte quasi-systématiquement. Sur un fonds de commerce racheté à un exploitant individuel ou à une petite société avec des passifs latents, la cession de fonds protège mieux le cessionnaire. Le choix se prépare 18 à 24 mois avant la vente : c'est à ce moment qu'on peut transformer une SARL en SAS pour bénéficier du 0,1 %, ou qu'on décide d'apurer les passifs avant de vendre les titres.

Cet article présente les principaux mécanismes fiscaux et juridiques en vigueur en France en 2026. Chaque cession est un cas particulier : la structuration doit être validée par un avocat M&A et un avocat fiscaliste avant signature du protocole. Pour estimer la valeur de votre entreprise avant d'engager la structuration : outil d'estimation gratuit Olance.

Questions fréquentes

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